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Rééducation périnéale après Césarienne

Il est désormais admis qu’après un accouchement par voie basse, une rééducation périnéale est nécessaire pour renforcer le plancher pelvien et prévenir les fuites urinaires. En revanche, dans le cas d’une césarienne, beaucoup de femmes ont encore tendance à croire qu’une telle rééducation est inutile.

 Le périnée est constitué de muscles à fonctions multiples

* rôle de soutien des organes du petit bassin (utérus, vessie, urètre, intestins et rectum)
* rôle dans la continence urinaire et anale
* rôle dans l’amélioration de la qualité du rapport sexuel

C’est un véritable trampoline qui va amortir les pressions abdominales.


Quel est le problème ?
Lors d’une césarienne, le bébé ne peut certes pas provoquer un étirement des tissus du périnée lors de son passage. L’effet délétère est donc amoindri par rapport à celui d’un accouchement par voie basse.

Mais la fin de la grossesse n’est pas le seul moment où cet ensemble de muscles est susceptible d’être malmené. Il l’a été au cours des 9 mois de la grossesse.

En effet, l’utérus grossit, fait pression sur la vessie, tandis que le fœtus prend du poids et appuie inexorablement sur le bas-ventre, sur le plancher pelvien. Avant même l’arrivée de bébé, le périnée est déjà largement affaibli.
Enfin, lorsque les césariennes sont pratiquées en urgence, elles sont souvent précédées d’un travail par voie basse, plus ou moins long, ayant nécessité parfois des poussées répétées qui peuvent être néfastes pour la zone pelvienne.

 Les chiffres de l’incontinence urinaire

Dans les 5 ans qui suivent un accouchement, les études mettent en avant que 6% des femmes souffrent d’incontinence urinaire lors d’un effort et ce chiffre augmente progressivement avec l’âge et le nombre de grossesses :
• 4,5% avant une grossesse
• 24% pendant la grossesse

 Mais aussi
• 12% des femmes de 20 à 29 ans souffrent d’incontinence
• 25 % des femmes de 60 à 69 ans
• 32% des femmes de plus de 80 ans

La césarienne ne protège pas complètement du risque d’incontinence urinaire.

 Quelle est la bonne conduite ?

Si rien n’est fait, la situation peut empirer et occasionner des troubles plus gênants, comme une descente d’organes (prolapsus). Ces difficultés peuvent être ressenties à l’occasion de grossesses ultérieures ou tout simplement après une rééducation abdominale mal contrôlée qui n’est conseillée qu’une fois le périnée tonifié.

Dès lors, il est utile d’encourager les femmes ayant subi une césarienne à rester très attentives aux signaux donnés par leur corps, comme les premiers symptômes d’incontinence, les éventuelles pertes de sensations lors des rapports sexuels mais également les sensations de pesanteur pelvienne.

Elles ne doivent surtout pas oublier la visite post-natale prévue 6 à 8 semaines après l’accouchement, au cours de laquelle le périnée est systématiquement évalué. Le gynécologue ou la sage-femme effectuera ce que l’on nomme un “testing”.

Dans tous les cas les femmes doivent faire appel à un praticien spécialisé en périnéologie, une sage-femme ou un kinésithérapeute ayant suivis des formations reconnues.
Les médecins ont dans leur réseau professionnel une liste de rééducateurs, il est important de les interroger à ce sujet.

 La rééducation proprement dite

La rééducation va permettre à la femme :
* de mieux comprendre où se situe son périnée par la perception de celui-ci
* d’apprendre à contracter ses muscles de façon autonome
* de réintégrer le périnée dans sa fonction de tous les jours et de savoir le protéger notamment lors de la pratique d’une activité sportive.
A l’issue du premier rendez-vous, un bilan complet aura été effectué et une rééducation personnalisée proposée.

Dans tous les cas, il est nécessaire de travailler le périnée dans sa globalité, en tenant compte de la posture, des abdominaux, du bassin et de la respiration.

Les résultats attendus doivent s’inscrire dans la durée. Entretenir et protéger son périnée au quotidien doivent être des reflexes pour toutes les femmes.

 Il existe plusieurs méthodes de rééducation

* La rééducation dite manuelle : une méthode d’auto rééducation. La patiente, guidée par le praticien, va apprendre à contracter elle-même les muscles du périnée. Ces exercices peuvent être répétés à la maison.
* La rééducation périnéale avec électrostimulation : le travail se fait grâce à une sonde placée dans le vagin. Cette sonde envoie des stimulations électriques indolores dans le but de contracter le périnée.
* Le biofeedback : une sonde endovaginale enregistre les contractions effectuées par la patiente. Sur un écran, elle visualise le travail musculaire réalisé et l’améliore au fil des séances.

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méthode, le praticien choisit la thérapie la plus adaptée aux besoins de la patiente après un bilan minutieux.

Pour les femmes, la vie est un sport !
Après la grossesse et l’accouchement, la réalité du quotidien met le corps à rudes épreuves : les pressions exercées sur le périnée sont importantes, citons quelques exemples : courir, tousser, rire, porter les enfants, les sacs de commissions, faire du sport… les gestes de la vie !

La nécessité de respecter quelques règles est essentielle pour éviter les descentes d’organes et les fuites urinaires qui s’installent insidieusement.
Lors des séances chez la sage-femme ou le kinésithérapeute, l’acquisition des bons réflexes pour éviter ces désagréments est essentielle.

Quelques conseils pratiques après une grossesse et un accouchement

Durant la période des suites de couches, les femmes sont très vulnérables physiquement et psychologiquement.
Un temps de récupération d’environ 40 jours est nécessaire pour le corps.
Afin de vivre cette période en douceur, il est nécessaire d’observer une activité physique modérée, se reposer quand bébé dort, ne pas porter de poids (sac de commissions, landau, coque de transport pour bébé).

Quels sports pour les femmes ?

Tous les sports qui exercent de fortes poussées abdominales sont interdits après un accouchement.
A proscrire : jogging, tennis, trampoline, fitness, stepper, volley et basket ball, power plate, sport de combat, fit crossing
A privilégier : natation, vélo, roller, stretching, yoga

A savoir

* L’accouchement par césarienne n’exclue pas la nécessité d’une rééducation périnéale.

* Le test dit du “stop-pipi” consistant en l’interruption du jet lors de la miction est à bannir totalement du programme de rééducation.

* Il est formellement déconseillé de reprendre une activité sportive après un accouchement sans avoir au préalable stabilisé son périnée.

* Avant de commencer la rééducation abdominale du post partum, il est indispensable d’avoir vérifié la qualité du périnée.

* Perdre ses urines, même quelques gouttes lors d’efforts de toux, d’éternuement ou de port de charges lourdes est déjà le signe d’une fragilité périnéale et est considéré comme un premier stade d’incontinence urinaire ; engager une rééducation à ce stade est la meilleure prévention qui soit.

* L’incontinence anale et l’urgence aux matières sont des pathologies qui peuvent être également traitées par le biais de la rééducation périnéale.

* Il n’y a pas d’âge limite pour rééduquer un périnée; en effet il s’agit d’un muscle qui peut toujours être travaillé et renforcé, donc ne pas hésiter à consulter.

Conclusion

Parce que chaque femme est unique, souvent épanouie, parfois meurtrie par une grossesse ou un accouchement, la rééducation est sans doute le dernier temps de cette aventure.

Elle permet aux femmes de retrouver une image positive du corps, une part de féminité un peu égarée. C’est aussi un moment intime et privilégié avec la sage-femme pour mettre des mots sur des maux, libérer des secrets pesants, se rassurer sur sa normalité.

C’est l’assurance d’une belle qualité de vie aussi longue soit-elle pour les femmes d’aujourd’hui et les générations à venir.
Ne la négligeons pas, encourageons-là !