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UN ENFANT ? A QUEL AGE ?

L’évolution de notre société avec des études longues, une activité professionnelle exigeante et une installation en couple assez tardive fait que le désir de fonder une famille apparait de plus en plus tard chez les couples modernes.

L’âge moyen auquel les Françaises conçoivent leur premier enfant dépasse 30 ans.
Par ailleurs, les deuxièmes unions sont de plus en plus fréquentes et le désir d’avoir un enfant pour sceller ce nouveau couple apparait légitime.

La diminution de la fertilité avec l’âge de l’homme et de la femme est donc un sujet d’actualité qui préoccupe les médecins de la reproduction mais aussi les instances politiques et sociologiques.

Il faut savoir que le maximum de fertilité -aussi bien chez l’homme que chez la femme- se situe autour de 20 ans.

A cet âge, les couples “normaux” ont 25% de chances de mettre en route une grossesse à chaque cycle.

Ces chances diminuent lorsque l’âge avance : 12,5% si la femme a 35 ans, 6% chez une femme de 42 ans.


Ce que nous apprend la physiologie
1-La quantité de cellules de la reproduction

– Le stock d’ovules des ovaires diminue au fur et à mesure du temps qui passe. Ce phénomène débute déjà chez le fœtus puis se poursuit tout au long de la vie avec une accélération à partir de 35 ans pour qu’au moment de la ménopause, il n’en reste plus qu’un nombre infime.
– La production de spermatozoïdes, elle, est un phénomène continu avec un renouvellement régulier tout au long de la vie.

2-La qualité des cellules de la reproduction
– L’état des ovocytes et des spermatozoïdes (gamètes) se dégrade avec le vieillissement et leur qualité s’altère avec un taux plus important d’anomalies chromosomiques.

Ceci accroit les risques de fausse couche ou d’anomalie du fœtus.

– S’il est bien connu qu’il existe un risque important d’anomalies  chromosomiques (en particulier de trisomie 21) chez les fœtus des femmes ayant plus de 38 ans, l’influence de l’âge du père l’est moins.
Mais, il est notoire aujourd’hui qu’il existe une augmentation des anomalies chromosomiques et des anomalies congénitales  dans la descendance des pères de plus de 40 ans.

3-La qualité de l’utérus
Le vieillissement n’altère pas la qualité de la cavité utérine, et une femme peut porter un enfant sans limite d’âge si l’utérus n’est pas porteur d’une pathologie.

4-Les facteurs environnementaux
Bien sûr, on imagine facilement l’influence de l’hygiène de vie, mais aussi comme nous l’avons rapporté dans notre précédente newsletter (newsletter n°5 /2014), les effets du tabac, de l’alcool, et de la pollution environnementale.

Les grossesses après 35 ans

Les  grossesses dites “tardives” sont celles survenant après 35 ans.

Les risques sont d’autant plus importants que l’âge est plus élevé. 
On rapporte ainsi un risque accru de fausse couche, de grossesse extra-utérine, d’hypertension artérielle, de diabète gestationnel, de retards de croissance fœtaux.

Par ailleurs, le recours à la césarienne est beaucoup plus fréquent.

Mais, il faut aussi savoir que, fort heureusement, bien des femmes de plus de 35 ans sont enceintes spontanément et ont une grossesse tout à fait normale et un bébé en bonne santé ! 

Dans tous les cas, il est souhaitable d’avoir une consultation chez son gynécologue avant la conception car certains problèmes peuvent être identifiés et prévenus.


A
ide
médicale à la procréation (AMP) et âge

L’âge est l’un des principaux facteurs qui conditionne les chances d’obtention d’une grossesse aboutissant à un enfant en bonne santé.

L’AMP n’étant pas pratiquée à Monaco, il faut, pour apprécier l’influence de l’âge sur la fertilité, recourir aux données de l’Agence Française de Biomédecine. 

Ainsi, les résultats de conception par insémination ou fécondation in vitro (FIV) sont les suivants en ce qui concerne l’âge des femmes :
– Les résultats globaux des techniques d’AMP sont stables jusqu’à 35 ans.
– La chute des taux de succès s’amorce à partir de 35 ans et s’accentue dès 37 ans.
– Pour la FIV, les taux de grossesses sont de 20% avant 35 ans, de 16% à 38 ans, 14% à 40 ans et 9% à 42 ans et les taux d’accouchement 15% avant 35 ans, 12% à 38 ans, 9% à 40 ans et 6% à 42 ans. 

Les données sur l’homme sont moins précises mais du fait de la diminution de la qualité spermatique avec l’âge et le risque pour la descendance, la plupart des centres français  se limitent à la prise en charge des hommes de moins de 60 ans. Pour les donneurs de spermatozoïdes, l’âge est limité à 45 ans afin d’assurer au couple receveur les meilleures chances.
 

 Don d’ovocytes : une alternative qui devient de plus en plus courante

 Quand le stock ovocytaire est diminué et/ou que la qualité de ses propres ovules ne permet plus d’espérer de bonnes chances d’être enceinte, le recours à un don d’ovocytes provenant d’une femme plus jeune peut être une solution.

 Les ovules de la donneuse sont fécondés (FIV) avec les spermatozoïdes de l’homme du couple receveur et les embryons obtenus sont transférés dans l’utérus de la receveuse.

A Monaco, cette technique -comme les autres techniques d’AMP- n’est pas pratiquée.
En France une législation relativement restrictive -avec notamment l’absence de dédommagement pour les donneuses d’ovocytes- fait que les dons sont réservés aux receveuses de moins de 42 ans et que l’attente peut avoisiner 1-2 ans. Le don est anonyme et gratuit.

Une voie d’avenir : l’autoconservation ovocytaire 

Il existe la possibilité (après stimulation de l’ovulation) de prélever des ovules et de les congeler (technique de la vitrification) pour les conserver puis les utiliser le jour où on peut ou souhaite avoir une grossesse.
En effet, les chances de grossesse sont d’autant plus élevées que la femme est plus jeune au moment où elle fait conserver ses ovules.

– A Monaco, cette technique -comme les autres techniques d’AMP- n’est pas pratiquée.
– En France, l’indication est actuellement limitée à une conservation avant traitement potentiellement stérilisant (chimio / radiothérapie ou chirurgie de  l’ovaire).
– Dans de nombreux pays, ce service est accessible pour toute femme jeune qui voudrait s’assurer de pouvoir procréer plus tard (autoconservation sociétale).

Cependant, ce sujet fait grand débat aussi bien d’un point de vue médical que sociétal et éthique…
 

A retenir
– De nombreux couples ne sont pas conscients qu’être jeune dans la vie ne veut pas dire être jeune pour procréer.
-Les chances de conception diminuent aussi bien pour la femme que pour l’homme de manière importante avec l’âge.

– Il faut se poser régulièrement la question de son désir de devenir parent notamment au moment du renouvellement de la contraception. 
– Il faut consulter son gynécologue ou un spécialiste de la fertilité sans perdre de temps si la femme a plus de 35 ans et si une grossesse ne survient pas dans les 6 mois après l’arrêt de la contraception. 

Avoir une vie saine avec notamment absence de consommation tabagique permet d’optimiser toutes les chances surtout pour des grossesses plus tardives.