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CONSULTER EN SEXOLOGIE

Le concept de santé sexuelle est apparu au milieu des années 70, à l’Organisation Mondiale de la Santé, qui en a donné la définition suivante : La santé sexuelle est l’intégration des aspects somatiques, émotionnels, intellectuels et sociaux de l’être humain sexué, de façon à parvenir à un enrichissement et un épanouissement de la personnalité, de la communication et de l’amour.

Cette définition englobe des notions complexes qui débordent du cadre habituel de la médecine et propose un équilibre idéal entre les fonctions sexuelles et les aspects psychologiques tant personnels que relationnels.

On comprend ainsi la difficulté pour les patientes et les praticiens, peu informés sur la sexualité, à solliciter l’aide d’un sexologue.

Quelques-uns des principaux motifs de consultation sont revus ici.


Les troubles du désir sexuel

Ils sont un motif de consultation très fréquent mais aussi source de confusion car ils peuvent mettre en péril le lien affectif qui naît, lui, du désir amoureux.

En effet, sans rentrer dans la complexité des structures cérébrales impliquées, et, même s’il existe bien sûr des ponts entre amour et sexe, il est important de rappeler que le désir sexuel implique avant tout une excitation génitale (congestion vaginale et clitoridienne, lubrification, hausse de la fréquence cardiaque et chaleur).

Après la recherche et la prise en charge d’une éventuelle cause organique (les douleurs génitales, la période de la ménopause ou la ménopause chirurgicale, etc.) et/ou psychologique (dépression), plusieurs composantes seront à considérer lors de la sexothérapie :
-la présence d’un imaginaire érotique (les fantasmes) et son registre : plutôt amoureux et fusionnel ? plutôt sexuel ? les deux ?
-les points de repère à l’excitation sexuelle déjà mis en place par la patiente au cours de son histoire personnelle et lors de son développement sexuel (les habiletés) : pour certaines femmes ne serait-ce que regarder et aimer son sexe n’est pas établi, pour d’autres, l’excitation sexuelle n’est pas ressentie comme agréable ou n’apporte que très peu de plaisir. Des informations précises et des moyens appropriés peuvent permettre à la femme d’explorer et de découvrir tout son potentiel érotique.
-l’attractivité sexuelle : connaître ses propres codes d’attraction et être en mesure de les enrichir, au contraire de l’usure perceptive, et l’érotisation de la distance : la capacité à érotiser l’intimité et la distance avec le compagnon par un travail d’individuation et de séduction.


Les troubles du plaisir sexuel

Ils relèvent également d’une sexothérapie et feront l’objet d’une prochaine newsletter.

Beaucoup de femmes ressentent un certain plaisir sexuel, seules ou lorsqu’elles font l’amour.

Toutefois, elles peuvent éprouver des difficultés
-à faire monter leur excitation jusqu’aux réactions spasmodiques génitales (“au début c’est bien puis j’ai l’impression de perdre le fil”),
-à faire monter leur plaisir sexuel pour accéder à un lâcher-prise émotionnel intense (l’orgasme).

L’approfondissement de connaissances sur la sexualité féminine, de repères à l’excitation génitale et de moyens pour parvenir à l’abandon (la dynamique du périnée et du corps dans son ensemble afin de parvenir à plus de plaisir), sont les étapes indispensables à la réussite de la sexothérapie. 

Les douleurs génitales (ou dyspareunies, le vaginisme)
Causes très fréquentes également de troubles sexuels, elles ont déjà fait l’objet d’une newsletter (newsletter n°8 de 2014).

L’insatiabilité sexuelle

Si peu d’études évoquent l’insatiabilité sexuelle féminine, beaucoup d’idées reçues, pas toujours bienveillantes, lui sont attribuées.

Dans la réalité, il s’agit de femmes qui souffrent d’un authentique trouble du désir sexuel qui se manifeste par un comportement inverse : des besoins fréquents de rapports sexuels souvent compulsifs et ponctuels.

Ces femmes ont en fait de grands besoins fusionnels à combler pouvant aller jusqu’à l’angoisse d’abandon (surtout dans les situations où elles apprennent que leur conjoint a des relations extraconjugales).
L’impression de fusion totale dans le coït engendre chez ces femmes fragiles un grand sentiment de réassurance et de sécurité, malheureusement transitoire ce qui entraîne une demande incessante.

Le syndrome d’excitation génitale
Il est peu connu.
Il se caractérise par des périodes plus ou moins longues de sensations d’excitation génitale clitoridienne qui, par les autostimulations (quelques fois douloureuses ou pénibles physiquement) peuvent aboutir à un certain soulagement. Il ne s’accompagne pas d’une excitation sexuelle psychique.
On estime à 1% le nombre de femmes qui souffriraient de ce trouble où l’excitation sexuelle n’est pas du tout source de réjouissement. 

Plusieurs facteurs sont retrouvés : psychologiques, comportementaux (tension trop forte imprégnée sur la musculature du périnée, blocage respiratoire), compression/inflammation du nerf pudendal.

 En conclusion

De nombreux autres motifs peuvent relever d’une consultation en sexologie comme les troubles relationnels (jalousie excessive, dépendance affective, etc.), les troubles liés aux codes d’attraction sexuelle (fétichisme, érotisation de la soumission/domination, etc.), ou… ceux du compagnon (trouble du désir, éjaculation précoce etc.).
Mais quelle que soit la gêne, la honte voire la culpabilité qui anime la patiente, il existe aujourd’hui des moyens efficaces et un lieu confidentiel, le cabinet du sexologue ou du sexothérapeute où elle sera aidée à comprendre sa sexualité et à l’améliorer.